Ida y vuelta 2009 est finie, vive Ida y vuelta 2010

Publié le 15 juin 2009 à 22:09

Les lourdes grilles se sont refermées, Ida y Vuelta, c’est terminé. Les bruits de la ville reprennent leurs droits. Sur le site, dans les bureaux, des yeux cernés se croisent comme surpris. Ida y Vuelta, fini ? Vraiment ? Cinq jours de festival, des milliers d’heures de réflexion, de préparation, de stress, des nuits à cogiter, des jours à répéter… Cinq jours de festival réussis portés par la passion et la volonté d’une poignée de personnes, une équipe à peine entraperçue par le public. Concept, accueil, animation, restauration, service d’ordre…

Enumérer tous les postes à penser, tenir, cadrer serait long et sans doute fastidieux. Pourtant, toujours se rappeler que sans toutes ces “petites mains” qui - talkie-walkie autour du cou, ont couru aux quatre coins de la Casa musicale durant cinq jours et cinq nuits - le festival Ida y Vuelta ne serait pas…

Une équipe qui fonctionne, ça ne s’invente pas, ça se forme en bonne intelligence afin que chacun puisse donner avec efficience et plaisir. Et c’est ce plaisir là qui prédomine ce dimanche soir (ou plutôt lundi matin…) derrière les grilles de la Casa musicale, malgré les visages fatigués. Ida y Vuelta 2009 entre en sommeil après avoir livré avec généralité sa puissante joie de vivre. Pari gagné malgré une météo capricieuse et l’actualité sportive, avec la victoire de l’Usap en finale du championnat de France de rugby.

Reste donc à saluer la prestation d’un grand merci, merci pour le spectacle, les concerts, l’ambiance et l’accueil. Ida y vuelta 2009 est finie, vive Ida y vuelta 2010 !

L’équipe CataCult

Rubrique : Non classé

Sefyu : photos de scène

Publié le 9 juin 2009 à 00:10

La grande scène était face à un public comble et acquis à la cause du rap et de la personnalité de Sefyu dimanche soir. Ambiance de fusion extraordinaire avec un public jeune et familial.

Photos de scènes Pierre Vaillant et Alvaro Sanchez Martinez.

Rubrique : Non classé

Sefyu, la Casa, Perpignan, la famille !

Publié le 8 juin 2009 à 23:59

La soirée de dimanche, 100% rap, aura été une grande fête de clôture, pour Ida y vuelta 2009. Une Casa musicale remplie de milliers de visages - beaucoup de jeunes pour voir Sefyu, qui ont laissé la place à une majorité d’adultes pour écouter Assassin - tous emportés par les flows des deux rappeurs aux tons pour le moins engagés et revendicatifs.

Alors que l’animateur Nasty a dû le tirer par la manche pour quitter la scène, et après une série interminable de généreuses dédicaces en loge, CataCult a pu rencontrer Sefyu et ses “acolytes” de NCC et du G8. Une longue discussion, où le sérieux et le drôle se sont mêlées en toute décontraction. Il nous parle de Perpignan, de son engagement, des Victoires de la musique, de l’USAP…

Get the Flash Player to see the wordTube Media Player.

Sefyu, freefighter ou maire de Perpignan ?

Get the Flash Player to see the wordTube Media Player.

Rubrique : Les Infos

Assassin : “Le pouvoir ne veut pas que l’art élève les gens”

Publié le 8 juin 2009 à 23:48

Quelques minutes après sa sortie de scène, après avoir quitté un public énorme devant la scène, CataCult a pu rencontrer Rockin’Squat, le leader d’Assassin.

CataCult : Quelles sont vos premières impressions après le concert de ce soir ?
Rockin’Squat : C’était bien, c’était péchu, même si c’était dur pour nous. En trois jours, on a fait la Suisse, la Bretagne et Perpignan. On s’est fait 17 heures de bus !
C’était bien ce soir. On a de bons souvenirs d’ici, on était déjà venus en 2001 alors que le festival se déroulait sur la grande place dehors.

Pour le public de Perpignan, on sentait qu’il s’agissait de retrouvailles…
Rockin’Squat : La dernière tournée d’Assassin datait de 2002, beaucoup de gens nous attendait, et en même temps on sent que le public se régénère. On l’a vu ce soir, il y a une grande diversité. C’est bien.

Assassin a plus de 20 ans. Quel est votre regard sur le rap, le hip-hop d’aujourd’hui ?
Rockin’Squat : Je porte un regard sur la planète plutôt que seulement sur le rap de France. Pour moi, ça a commencé aux Etats-unis d’ailleurs. J’ai pris le rap de plein fouet quand j’avais 7-8 ans à New York.
Je trouve que le hip hop se porte plutôt bien, dans le sens où il devient une culture pop dans de nombreux pays. C’est une culture qui avertit, qui peut être une alternative à l’éducation en place, comme l’a été le rock ou la soul en son temps.
Le problème c’est que les pouvoirs en place ne veulent pas que l’art élève les gens. Dans la musique, on accepte que tu fasses de l’argent, que tu aies un discours qui s’intéresse au cul des meufs et aux Mercedes… mais surtout pas que l’art puisse élever le public.


Vous vivez essentiellement au Brésil, aux Etats-Unis… et vous portez un regard acerbe sur la France. Cette distance vous aide à avoir ce recul ?
Rockin’Squat : De toutes façons, tout est lié, les problèmes sont internationaux. C’est vrai qu’on pointe du doigt pas mal de choses. On a fait un morceau par exemple qui s’appelle “France à fric”, qui dénonce les liens encore troubles de la France en Afrique. Dans “La lutte du siècle”, on parle du problème de l’eau potable. Des sociétés françaises, comme Vivendi, c’est en Amérique latine qu’elles se gavent…

“Ils nous attendaient avec “Enfant de la balle”
on leur a fait “France à fric”"

On lit de vous sur votre site “l’artiste le plus boycotté et mal compris de notre paysage musical français”. C’est toujours un sentiment qui vous habite ?
Rockin’Squat :
C’est pas un sentiment, c’est une réalité. Aucun single que l’on sort n’est diffusé en radio ou en télé. Nos clips ne sont jamais diffusés. Pourtant on fait des clips qui “déboîtent leur race”, avec des réalisateurs comme Yan Kounen ou Kim Chapiron. On n’est pas boycotté, on est censuré.
Parce qu’on peut pas dire qu’on fait de la mauvaise musique, on est disque d’or !
Alors quand on a l’opportunité de faire un prime time à la télé, comme “Le grand journal” avec Denisot, on en profite : ils nous attendait avec le titre “Enfant de la balle” et on leur a fait “France à fric” !

Le volume 2 de “Confessions d’un enfant du siècle” est sortie en avril dernier. Quelle sera la suite ?
Rockin’Squat : “Confessions d’un enfant du siècle”, c’est une trilogie. On travaille sur le troisième. Et puis on continue la tournée jusqu’à fin 2010.

Vous êtes monté sur scène après Sefyu. Il défend des valeurs, vous aussi. Vous vous connaissez ?
Rockin’Squat :J’aime bien ce qu’il fait. Je trouve qu’il a la bonne démarche, la bonne façon d’avancer.
Et puis comme moi, il a choisi de cacher son visage, c’est bien. Je suis content d’avoir partagé l’affiche avec lui ce soir.

Propos recueillis
par Pierre Vaillant

Rubrique : Les Infos

Big Red , les photos

Publié le 8 juin 2009 à 23:20

Big Red (ex-Raggasonic) est finalement venu remplacer le rappeur perpignanais R-Can en première partie de Sefyu et Assassin, dimanche soir.

Photos de scènes Alvaro Sanchez Martinez.

Rubrique : Les Infos

La Cabine de CataCult : grimaces d’un dimanche

Publié le 8 juin 2009 à 17:46

Deuxième série d’images, deuxième collection de grimaces récoltée dimanche. Encore un grand cru, félicitations à tous les modèles !

Rubrique : Les Infos

Dimanche après-midi, ambiance

Publié le 7 juin 2009 à 22:12

Au gré des animations du festival, dimanche après-midi, en attendant les scènes rap de la soirée…

Animations, jeux pour enfants, danse orientale… Photos Alvaro Sanchez Martinez.

Rubrique : Les Infos

Arc-en-ciel d’un samedi soir

Publié le 7 juin 2009 à 21:32

Ciel gris, averses intempestives, le temps n’était guère à la fête ce samedi soir et pourtant… Pourtant, sur la scène du Festival Ida y vuelta, un groupe est bien décidé à ne pas laisser les humeurs célestes gâcher les réjouissances. Ce groupe, c’est Kaloomé. Face à eux, quelques personnes, visiblement égarées après la “saucée” qui vient de tomber. Qu’importe… Avec conviction, ils se lancent : les chaudes notes de la rumba montent, envahissent l’espace. Puis viennent ces voix si colorées, celles là même où chacun retrouve une part de lui-même, de ses origines proches ou lointaines.

De tous les abris improvisés, des têtes émergent, interpellées. Elles filent vers la scène, un sourire entendu dessiné sur les lèvres. Quelques secondes encore et les corps se dandinent. Le défi est relevé, Kaloomé l’a gagné. Ce groupe perpignanais a réchauffé en un rien de temps les esprits contrariés et détrempés. Ils avaient planqué au fond de leurs instruments, de leurs gorges et sans aucun doute de leurs cœurs tout le soleil qui manquait ce jour-là. Et voilà, qu’avec générosité, ils le déversent. Il faut dire que la recette est délicieuse avec ces épices importées de nombreux rivages. On y devine un rien d’Afrique saupoudrée de poussières cubaines, le tout déversé sur un mix latino-oriental. Un métissage à l’image du groupe dont les origines sont multiples. Oui, la similitude saute aux yeux (et surtout aux oreilles), cela aussi Kaloomé a su le mettre en exergue. On le retrouve non seulement dans la force des textes mais aussi dans le jeu de scène où chaque instrument, par instant, vient soudain se démarquer, sonner sa différence pour se fondre ensuite dans une chatoyante harmonie. Message ? Oui, celui de l’unité, de l’acceptation de l’autre dans sa dissemblance, du respect de celle-ci. La complémentarité ouvre une infinité de possibles riches et doux. Evidence qui a conquis un public maintenant nombreux et enthousiaste. Et voilà que Sabrina Roméro abandonne ses percus pour se lancer dans une danse torride. Dans la foule, bouches ouvertes, mâchoires pendantes, yeux écarquillés sont de mise. Les esprits ne sont évadés, happés par l’ardente et sanguine échappée livrée dans une explosion de lumières et de rythmes. Frissons… Rassurez-vous, les crânes évidés ont tout de même réussi à se reconstituer à temps pour manifester dans un tonnerre d’applaudissements, de cris, de sifflets, son bonheur. Hélas la fin du concert va pourtant s’imposer avec des envies “d’encore” dans les yeux de chacun.

Sandra Nkaké : une étoile brillait haut

Mais voici qu’arrive à pas feutrés et discrets, une magnifique panthère noire : Sandra NKaké. Combien la connaissent ? Cette grande dame tourne pourtant depuis plus de 15 ans mais bien souvent au sein de divers groupes qui la réclament. La découvrir ce soir sera un immense plaisir, une perle à garder dans sa mémoire. D’entrée de jeu, sa voix saisit ; une voix étonnante avec laquelle elle va jouer tout au long du concert l’imprégnant de touches jazzy, soul ou folk, une voix capable de descendre cueillir d’envoûtantes profondeurs ou s’accrocher aux étoiles. Le public se regarde, stupéfait et terriblement conquis. Là-haut, c’est un véritable show, tantôt princesse, tantôt guerrière, le phénomène Nkaké sème le trouble. Difficile de la situer dans un registre, à peine celui-ci supposé, voilà qu’elle s’en évade. Sa liberté d’être resplendit dans le moindre de ses gestes, de ses textes, de ses attitudes. Sa liberté… justement, cette chanteuse engagée l’exprime : “Chantez comme si personne ne vous écoutait, dansez comme si personne ne vous regardait. On aimerait nous enfermer dans de petites boîtes mais ils oublient qu’il y a un espace infini tout autour… “. Les thèmes de ses chansons, elle les vit et le public avec. Cris, sifflets, bras levés, portables allumés, danses…dans le registre trouvé par le public pour manifester son plaisir et sa joie, il en est un qui surpasse les autres : le silence. Et lorsque Sandra Nkaké a chanté sa version magistralement revisitée de “La mauvaise réputation” de Georges Brassens, le silence s’est imposé. Seule sur scène, avec sa voix samplée en live, ce fut un grand moment. Pas un cil qui ne bougea face à cette étoile qui brillait haut. Chair de poule garantie… Inutile de décrire le tollé d’applaudissements et autres qui suivirent cette interprétation… Sandra Nkaké, un nom à retenir, une princesse qui a su conquérir sa couronne et que l’on espère retrouver très, très vite sur scène…

Avec Nneka aussi, une nuit placée sous le signe du soleil

Cette soirée classée sous le double signe de la diversité et du soleil s’est terminée sur des teintes tout aussi colorées avec Nneka. Autre femme, autre style. Ses origines nigériennes parlent à travers gestuelle et chansons. Une voix capable d’épouser un large éventail de tonalités, une présence forte, des textes engagés, Nneka arrive sur un terrain déjà conquis. Des messages, elle en a des tonnes à faire passer, elle les clame avec conviction avant chaque chanson. Malheureusement, mis à part quelques mots de français, la teneur n’est pas toujours évidente à saisir. Reste le langage universel : la musique et à travers elle, le feeling passe. Sur des rythmes marqués, de la soul au reggae, Nneka place sa voix, la laisse courir au-dessus, en caresse éthérée puis la plonge l’instant d’après en plein cœur de la mélodie, l’empoigne avec conviction. Ces alternances renforcent les ressentis, puissance généreuse. Son visage ne sourit pas, son visage exprime la souffrance, le sérieux de son engagement. Et pourtant, que de lumière émane d’elle. La nuit s’est placée sous le soleil. Le public refuse la séparation et Nneka se plaît à donner encore et encore. Et quand le rideau s’est enfin résolu à tomber, la nuit résonnait de toutes les pétillances dont elle fut si magiquement habillée.

Nuit divine à Ida y Vuelta avec cette programmation arc en ciel, ces voyages sur des rivages créés par de véritables artistes. Nuit câline avec ces souvenirs à dérouler pour rêver sa propre vérité…

Pascale Oriot

Rubrique : Les Infos

Kaloomé : le son de l’osmose

Publié le 7 juin 2009 à 21:23

kaloome22.jpg

Retrouvez nos photos du concert de samedi soir dans la rubriques “Les Photos” : cliquez ici.

CataCult : Le temps ne se prêtait guère au concert samedi soir au vu des grosses averses tombées juste avant. Je suppose que cela a dû générer plus de stress qu’à l’accoutumée…
Kaloomé : Oui, nous étions dans l’incertitude quant au déroulement de la soirée. Lorsque nous sommes arrivés sur scène, nous savions que nous avions tout à faire y compris ramener le public qui était parti se mettre à l’abri.

Le stress en groupe, ça donne quoi ? Comment le gérez-vous ?
Kaloomé : A la base, c’est très individuel, chacun a sa propre technique et tente de le canaliser au mieux mais nous nous réservons, au minimum, les 5 dernières minutes avant d’entrer en scène pour nous retrouver ensembles et consolider notre cohésion. Nous devons y aller avec un seul et même état d’esprit sinon, c’est la catastrophe. Cela nous est arrivé une fois, nous étions décalés les uns par rapport aux autres et le concert s’en est ressenti. Depuis, nous y faisons attention.

Pourtant, vous êtes arrivés tout sourire sous les feux de la rampe, alors à quel moment avez-vous senti que c’était vraiment acquis ?
Kaloomé : A dire vrai, vers la moitié. Cela n’était pas visible pour le public parce que nous avons l’habitude de la scène mais nous étions vraiment tendus, surtout en étant à Perpignan…

Donc le fait d’être chez vous est plus éprouvant ?
Kaloomé : Oui, c’est sûr ! Le public n’est pas anonyme, on connaît pas mal de gens et on a envie de leur montrer que nous évoluons dans le bon sens. Il y a une part affective forcément avec Perpignan et avec la Casa Musicale aussi…

Justement, peut-on dire que La Casa Musicale est votre berceau ?
Kaloomé :
Complètement… A la base, nous avons fondé le groupe suite à un atelier qui se déroulait ici. Nous ne nous connaissions pas véritablement dans le sens où l’univers musical des uns et des autres nous était inconnu. Chacun avait son style et se cantonnait à lui. Là, nous avons dû mettre en commun, pour la première fois, nos influences et nous avons été surpris et contents du résultat.

L’aventure a donc continué…
Kaloomé : Oui, nous n’avions pas envie d’arrêter là. Et puis, la chance nous a souri par l’intermédiaire de Guy Bertrand qui nous a proposé une tournée de quinze jours en Italie. Le groupe s’est soudé et l’aventure ne devait plus s’arrêter. D’ailleurs, nous tenons à remercier la Casa musicale ! Jouer à Ida y vuelta (que nous ne ratons jamais), c’est revenir à notre source alors c’est important pour nous.

Le groupe a bougé plusieurs fois depuis sa création avec des arrivées et des départs…
Kaloomé :
Il nous fallait trouver une voie commune et apprendre à gérer aussi des ego très différents. Nous avons tâtonné quelques temps… Mais depuis quatre ans, c’est l’équilibre. Nous sommes six complices et nous nous entendons très bien. Nous savons gérer les petits soucis ensembles, chacun a su trouver sa place.

Oui, cela se ressent sur scène avec ces mises en avant, tour à tour, des uns et des autres pour se refondre dans l’unité ensuite.
Kaloomé : C’est tout à fait ça. Nous somme un mélange de cultures mais aucune ne domine. Nous voulons montrer ce que cette union donne et nous aimerions que cela serve d’exemple à d’autres groupes. Nous soulignons donc la particularité de chacun et ensuite, elle se fond au service de tous. Ensembles, on ose plus… C’est à l’image de Perpignan qui est une ville multi culturelle mais où parfois, les gens se cantonnent dans leurs quartiers où leurs racines. Kaloomé, c’est la chaleur de cette ville et ses couleurs.

D’où vient ce nom justement ?
Kaloomé :
C’est Antoine Garcia, “Tato”, qui l’a sorti d’instinct. Il a plu à et nous avons décidé de le garder. Ensuite, nous nous sommes aperçus qu’il contenait des symboles forts. Sa racine, “Kalo”, en vieux gitan et dans un pays du Maghreb signifie “homme noir”. Il est suivi du fameux “Om” indien qui est le son universel. On ne pouvait pas mieux trouver…

Au niveau compo, comment procédez-vous ? Est-ce un travail individuel ?
Kaloomé : Tato amène beaucoup de mélodies ou idées musicales. Nous les travaillons ensembles. Idem pour les textes, les 3 chanteurs proposent et nous peaufinons. Parfois nous avons des chansons faites en commun d’un bout à l’autre. “Agua fresca” en est l’exemple type. Nous avons apporté chacun une phrase.

Quels sont les thèmes de prédilection de Kaloomé ?
Kaloomé : Disons que nos messages sont des messages de paix, d’unité et d’amour en général. La chanson “Que pena” le montre bien. Elle parle des événements de Perpignan, des rixes entre les communautés qui ont été montées en épingle par les médias. Les communautés savent cohabiter et se respecter. Elles doivent aller dans le sens de l’union et de la fraternité.

A l’image du groupe, vous défendez l’ouverture…
Kaloomé : Exactement ! Nous sommes l’exemple vivant de l’unité et de la richesse qu’elle apporte. Si vous regardez bien, en plus des nationalités différentes (française, gitane, arabe et espagnole), il y a aussi une approche musicale très diverses. Par exemple, Caroline, la violoniste vient du conservatoire, d’une structure très encadrée et classique. Face à une culture gitane, vous imaginez le pas franchi… C’est ça qui est extraordinaire. Mais si vous regardez bien, les gens l’ont compris et c’est pour cela qu’ils aiment Kaloomé . Chacun retrouve un peu de sa culture et comprend quelle se complète avec celle de son voisin.

Un nouvel album dans les bacs : ” De Otro Colors”. Comment s’est passé l’enregistrement ?
Kaloomé : L’un de nous possède un studio à domicile, nous avons donc travaillé à résidence pour la maquette. Une fois réalisée, nous avons cherché un producteur et c’est Naïve qui a répondu présent. Nous étions super contents. Nous avons dû accomplir un gros travail de “pré-prod”. Pendant un mois et demi, nous nous sommes approprié les titres et passé en revue chaque compo pour être parfaitement à l’aise pour l’enregistrement. Nous avons ensuite réversé le studio. C’était à Lyon au Studio de l’herbe qui est assez connu. Ca a été intense.

Etant donnée la richesse que vous manifestez, avez-vous déjà d’autres influences et compos déjà en tête ?
Kaloomé : Oui. Nous allons y travailler bientôt d’ailleurs. Ce sont des envies qui se présentent sans arrêt. C’est ce qui nous pousse. Nos compos sont l’expression de nos envies et non pas un effet de mode ou dans l’objectif de plaire à tel ou tel public. Nous composons parce que ça nous appelle et après nous le présentons. Ca plaît ou pas… Pas question de rentrer dans le système chansons commerciales ou mode du jour… D’ailleurs, si nous faisions ça, le public s’en rendrait très vite compte et puis, avant tout, ce serait la fin du groupe, de ce qui nous tient liés les uns aux autres.

Quels retours avez-vous par rapport à tous ces messages que vous tenez à passer ?
Kaloomé : Les gens viennent nous voir après les concerts. Beaucoup nous disent que nous avons un “effet thérapeutique” sur eux…(rires). C’est vrai qu’ils ont tous la banane quand ils nous parlent. Avant, dans nos concerts, la communauté gitane ne venait pas. Aujourd’hui, elle est présente comme toutes celles que nous représentons à travers notre musique.

Parlons des tournées : en France et à l’étranger aussi ?
Kaloomé : Nous tournons beaucoup sur l’Europe : Italie, Hollande, Hongrie… Curieusement, nous ne sommes pas encore allés en Espagne. Pourtant, par des membres du groupe, nous savons qu’ils sont friands de notre musique mais l’occasion ne s’est pas encore présentée. Elle ne saurait tarder… Nous avons hâte ! Sinon, nous avons un projet tout prochainement sur l’Allemagne puis un super festival en Hongrie à Budapest. C’est le festival Sziget très connu et prisé. Là-bas, c’est Woodstock d’aujourd’hui. Il y a un brassage énorme. Beaucoup d’artistes français s’y rendent…

Et au-delà de l’Europe, d’autres tournées ?
Kaloomé : Nous somme allés en Mauritanie et c’était très instructif pour nous. C’était dans le cadre du Festival de la musique nomade. Nous nous produisions sur un terrain de foot… C’était très vibrant de faire découvrir notre musique. Nous en avons gardé de très belles images mais aussi des souvenirs poignants. Le lendemain, nous chantions sous tentes… une aventure…

Vos ressentis par rapport au public sont donc différents selon que vous soyez en France ou à l’étranger ?
Kaloomé : Oui, tout à fait. En fait, en France, les gens manquent un peu de curiosité. C’est ce que nous retrouvons le plus dans des pays comme la Hollande entre autre. Le public est plus nombreux, il n’hésite pas à sortir et faire de la route pour découvrir ce qu’ils ne connaissent pas. Ensuite, ils viennent poser des tonnes de questions. On ne retrouve pas vraiment ça en France. Quoique, entre la partie Nord et le Sud, ça change aussi. Dans le Nord, c’est plus intense. Les gens semblent plus s’impliquer.

Et sur Paris ?
Kaloomé : Ouf ! Paris… Le public parisien est nourri en abondance de concerts et autres manifestations. Ca donne des gens très exigeants, très pointus aussi. Et puis les salles sont dures à trouver là-bas. Si tu en déniches une et que tu as entre 300 et 400 entrées, tu peux t’estimer heureux.

Avec la danse endiablée, Sabrina Roméro, vous avez su mettre la cerise sur gâteau… Quelle est sa formation ?
Kaloomé : Sa mère était danseuse de flamenco. Elle lui a appris dès l’enfance. Ensuite, elle a évolué sans cesse, à travers des stages, des concours, etc. Oui, à chaque fois, nous sommes contents de l’effet qu’elle produit sur scène. C’est aussi un plaisir pour nous, on ne s’en lasse pas…

Dernière question : pour vous, que serait une vie sans musique ?
Kaloomé : Ce ne serait pas… La vie, c’est le son. Le “Om” dont on parlait tout à l’heure est celui de la création. C’est la vibration de vie. Tout est vibration alors, sans ça, rien ne peut exister….


Propos recueillis
par Pascale Oriot

Rubrique : Les Infos

Nneka, photos de scène

Publié le 7 juin 2009 à 00:56

La jeune princesse de la soul-funk Nneka est encore sur scène au moment où ces photos arrivent en ligne. La jeune chanteuse germano-nigériane fait oublier les averses de la journée…

Rubrique : Non classé

« Older Entries


LES INFOS

SEFYU : FREEFIGHTER OU MAIRE DE PERPIGNAN ?

Get the Flash Player to see the wordTube Media Player.

PHOTOS AU HASARD

IMG_6657 cabinesamedi86.jpg laye23.jpg themess02.jpg wombo06.jpg womboorchestra10.jpg